40 % des entreprises rencontrent encore des difficultés liées à l’incompatibilité des données échangées. Face à la multiplication des logiciels, plateformes et outils numériques, l’interopérabilité des données devient un enjeu majeur de performance, de compétitivité et de souveraineté numérique.

Dans une nouvelle étude, l’OPIIEC, avec le soutien de l’OPCO Atlas, analyse les difficultés rencontrées par les entreprises de la branche et identifie les compétences et leviers d’action nécessaires pour mieux répondre à ces enjeux.

Des systèmes encore trop souvent en silos

La multiplication des applications et logiciels métiers répond aux besoins spécifiques des entreprises, mais elle peut également complexifier les échanges de données.

Selon l’étude, 40 % des entreprises rencontrent des problèmes d’incompatibilité au sein de leur propre organisation, notamment en raison de systèmes fonctionnant en silos. La communication avec les systèmes des clients constitue également une difficulté pour 38 % des entreprises interrogées.

Ces difficultés ont des conséquences très concrètes : ressaisies manuelles, erreurs, pertes de données, retards ou encore recours à des prestations externes. L’interopérabilité constitue ainsi un levier pour améliorer les échanges, réduire les travaux improductifs et limiter la dépendance à des solutions ou langages propriétaires.

L’interopérabilité ne concerne pas uniquement les métiers de l’IT

L’étude souligne également que les enjeux d’interopérabilité dépassent largement la seule dimension technique.

Les équipes informatiques doivent progressivement passer d’une logique de « réparation » de l’hétérogénéité des systèmes à une logique d’architecture de la collaboration entre les logiciels.

Du côté des fonctions support et des décideurs, de nouvelles compétences sont également nécessaires : pilotage de projets d’interopérabilité, coordination d’équipes aux profils différents, compréhension sémantique des données ou encore maîtrise du cadre juridique applicable au numérique.

Pourtant, ces compétences restent encore peu présentes dans les parcours de formation. Sur 110 certifications inscrites au RNCP et au Répertoire spécifique intégrant l’interopérabilité, seules 27 % abordent ce sujet de manière centrale.

Un enjeu également déterminant pour l’intelligence artificielle

L’interopérabilité peut aussi contribuer au développement des usages de l’intelligence artificielle en entreprise.

Des données mieux structurées et mieux interconnectées permettent notamment de limiter les données erronées et d’élargir les ressources disponibles pour entraîner les modèles génératifs.

L’IA peut elle-même contribuer à faciliter certains travaux d’interopérabilité, par exemple en harmonisant les langages ou en réduisant les coûts et les temps d’intégration. L’étude appelle toutefois à la prudence : l’IA ne doit pas se substituer aux normes et peut introduire des biais difficiles à détecter.

Quatre leviers pour accélérer l’acculturation

Pour accompagner les entreprises, l’OPIIEC identifie quatre axes prioritaires :

  • Valoriser les formations et dispositifs de sensibilisation existants autour de l’interopérabilité ;
  • Sensibiliser les utilisateurs et les fonctions décisionnaires, notamment grâce à la création d’un MOOC ;
  • Encourager les travaux collectifs entre professionnels et capitaliser sur les initiatives existantes ;
  • Proposer un guide pratique sur les enjeux juridiques, notamment au regard des évolutions réglementaires telles que le Data Act et l’Interoperable Europe Act.

Vers des données plus ouvertes et mieux exploitées

Cette étude rappelle que l’interopérabilité n’est pas simplement une problématique technique. Elle constitue un enjeu organisationnel, économique et stratégique, directement lié à la capacité des entreprises à faire circuler, comprendre et exploiter leurs données.

Dans un secteur de la construction où les acteurs utilisent de nombreux outils et où les échanges de données sont au cœur des processus BIM, cette réflexion fait particulièrement écho aux enjeux d’ouverture, de structuration et de partage des données.

Retrouvez l’intégralité de l’étude et sa synthèse pour approfondir les enjeux de l’interopérabilité des données.

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