À l’occasion de la journée professionnelle « Profession Programmiste », organisée par le SYPAA le 26 juin 2026, Didier Balaguer a proposé une intervention articulée autour de cinq idées clés. En quelques minutes, il a esquissé une vision du numérique qui dépasse largement la seule question des outils pour interroger les conditions d’exercice du métier de programmiste et la manière dont celui-ci peut mieux accompagner les maîtres d’ouvrage.

  1. Inscrire le numérique dans le métier de la programmation

Premier message : le numérique ne constitue plus un sujet périphérique. Il fait désormais partie intégrante de l’environnement professionnel du programmiste.

Cette évolution ne consiste pas seulement à remplacer des documents papier par des applications informatiques. Elle invite à repenser les méthodes de travail, les modalités de collaboration et la circulation de l’information tout au long de la démarche de programmation.

Le numérique doit ainsi être considéré comme une composante du métier, au même titre que les compétences d’analyse, d’écoute des besoins ou de conduite de projet.

  1. Préserver les libertés d’expression et d’entreprendre

Didier Balaguer a ensuite rappelé que le développement du numérique ne devait pas conduire à enfermer les professionnels dans des solutions imposées ou des écosystèmes fermés.

Le programmiste doit conserver sa liberté de choisir les outils les plus adaptés à ses pratiques, mais également préserver son indépendance intellectuelle dans la formulation des réponses apportées au maître d’ouvrage.

Cette exigence concerne tout autant la liberté d’entreprendre que la capacité de chacun à contribuer à l’évolution des pratiques professionnelles dans un environnement ouvert.

  1. Passer de l’ « appli-centrisme » au « data-centrisme »

L’une des idées fortes de cette intervention concerne la place des données.

Aujourd’hui, de nombreuses organisations raisonnent encore à partir des applications qu’elles utilisent. Chaque logiciel produit ses propres informations, souvent difficilement partageables avec d’autres outils.

À l’inverse, une approche « data-centrique » consiste à considérer la donnée comme un patrimoine commun, indépendant des applications qui la manipulent. Cette évolution suppose des formats ouverts et une véritable interopérabilité entre les différentes solutions numériques.

Pour le programmiste, cette capacité à faire circuler les données entre les acteurs représente un enjeu majeur d’efficacité et de continuité des projets.

  1. Développer les communs numériques

Autre notion mise en avant : celle des communs numériques.

Le partage de ressources, de référentiels, de méthodes ou de briques logicielles constitue un levier important pour faire progresser collectivement la profession. L’enjeu n’est pas seulement technologique ; il relève également d’une culture de coopération.

En favorisant des ressources ouvertes et mutualisées, les professionnels renforcent leur autonomie tout en évitant la multiplication de solutions isolées ou propriétaires.

Cette logique de communs apparaît ainsi comme un facteur de résilience et d’innovation pour l’ensemble de la filière.

  1. Une valeur ajoutée au service du métier

En conclusion, Didier Balaguer a recentré le débat sur l’essentiel : la technologie ne constitue jamais une finalité.

La véritable valeur ajoutée du numérique réside dans sa capacité à aider le programmiste à construire des réponses collectives de qualité aux questions posées par le maître d’ouvrage.

Dans un contexte où les exigences réglementaires se renforcent et où les attentes sociétales – transition écologique, usages, participation, sobriété, qualité de vie – deviennent toujours plus complexes, les outils numériques peuvent faciliter l’analyse, le partage d’information, la concertation et l’aide à la décision.

Le numérique apparaît ainsi non comme un substitut à l’expertise du programmiste, mais comme un moyen de renforcer sa capacité à fédérer les acteurs, structurer la réflexion et produire un programme plus pertinent, plus partagé et plus robuste.

Cette intervention aura finalement rappelé une idée simple : le numérique n’a de sens que s’il reste au service du projet, des femmes et des hommes qui le construisent, et de la qualité des réponses apportées aux maîtres d’ouvrage.

 

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